Dossier 10 (2002)

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Dossier 10 (juin 2002) : Vers un premier bilan

Encore un clic... et clac, l'écran s'est refermé une dernière fois. Les élèves des trois collèges "test" de Saint-Paul-lès-Dax, Monfort-en-Chalosse et Mimizan ont rendu leur ordinateur portable. A l'heure du premier bilan, nous avons rassemblé les témoignages de quelques-uns des acteurs de l'opération. Elèves bien entendu, mais aussi enseignants, inspecteur, principal ou coordinateur ont dressé pour nous un portrait en nuances mais globalement positif de cette année. Avec eux, nous avons abordé des thèmes essentiels : la pédagogie, les livres numérisés ou le cas des SEGPA. Nous avons également évoqué certaines des conditions dans lesquelles l'opération va s'étendre, dès la rentrée, à l'ensemble du département. En attendant cette nouvelle phase, nous leur souhaitons à tous d'excellentes vacances.

 

Sommaire

  • Bilan général en fin d'année : "Les élèves ont bien joué le jeu"
  • Le point de vue de l'institution Education nationale : vers une pédagogie active
  • L'appréciation des enseignants pour les livres numérisés : "peut mieux faire..."
  • En SEGPA : un outil extrêmement valorisant

 

Bilan général en fin d'année : "Les élèves ont bien joué le jeu

  • Reportage TV

Saint-Paul-lès-Dax "Les élèves ont bien joué le jeu"
(Téléchargez la vidéo au format Real ; temps : 3'07)

 

 

  •  Une expérience positive

Les enseignants les plus dubitatifs face à l'opération sont ceux, rares, qui sont restés en retrait et n'ont pas cherché à s'impliquer. Cela ne signifie pas que cette première année a été de tout repos, ni que l'opération a emporté l'adhésion inconditionnelle de tous.

Entre intérêt disciplinaire, charge de travail et méthode pédagogique, les avis sont contrastés, mais dans l'ensemble, le bilan est jugé positif, et les expériences instructives... Michel TURCK, professeur de mathématiques à Montfort (voir la grande photo en haut du dossier), affirme : "Je tiens à dire que je ne reviendrais pas en arrière ! Même si [...] l'équilibre n'a été trouvé qu'à Pâques ".

  • Des différences selon les disciplines

Pour Fabienne SAINT-GERMAIN, professeur d'histoire-géographie à Saint-Paul-lès-Dax (voir dossier n°8 dans cette rubrique), le bilan est "assez positif ", en particulier parce que l'utilisation du portable permet de développer "l'autonomie " des élèves. Elle ajoute que la richesse documentaire d'Internet correspond tout à fait aux besoins de son enseignement : "j'ai pu aborder la cartographie, l'analyse d'affiche comme jamais auparavant". Avantage qu'elle modère cependant en mettant en garde contre le danger de trop multiplier les documents.

De même, en Sciences de la vie et de la terre (SVT), l'apport de l'image, des supports vidéo, la possibilité de réaliser des expériences virtuelles enrichissent l'approche pédagogique, comme en témoigne Jean-Marc DARRIGAN à Montfort : " Les élèves ont bien joué le jeu, ils ont beaucoup travaillé cette année, ça a été une expérience très enrichissante pour eux ".

En Lettres, le bilan de Jean-Michel LOUBERE, enthousiaste en début d'année (voir dossier n°5) est un peu plus mitigé : s'il reconnaît "préparer son travail de manière plus libre ", notamment parce qu'il peut s'affranchir des contraintes de la photocopie et mettre sur le réseau des documents, il estime qu'en français, "cela n'a pas apporté à tous les élèves ce que cela aurait pu leur apporter ". Dans les matières où le texte est central, les apports de l'informatique sont peut-être moins flagrants.

  • Une "sacrée surcharge de travail"... compensée par "une satisfaction au bout"

Entre recherche documentaire, écriture de pages web avec intégration de liens, mise à disposition des documents sur le serveur central, le surcroît de travail a été inévitable, même si les professeurs l'évoquent avec humour. Car comme le souligne Fabienne SAINT-GERMAIN, cette surcharge a été largement compensée par de "grandes satisfactions " : pouvoir pratiquer "une pédagogie différenciée ", "se renouveler en tant que professeur", "disposer d'un produit fini ", "faire une nouvelle relecture du programme ", ou développer de nouvelles relations avec les collègues de son établissement mais aussi des autres collèges.

  • L'ambiance change en salle des profs : entraide et coopération

Car le portable a changé les relations entre enseignants. Dans la salle des profs, il est courant de voir, devant chaque écran, non pas un mais plusieurs enseignants. Lire par-dessus l'épaule de son collègue n'est plus indiscret ni impoli, comme si l'inhibition qui fonctionnait avec le papier avait disparu au profit d'un partage accepté de tous. Magie de l'ordinateur, entraide face à une technologie inconnue ou nécessité pédagogique ? Tous ont constaté ces rapprochements et des échanges qui ont largement dépassé le cadre de la discipline comme celui du collège, notamment au travers de la messagerie et des forums de discussion (voir  les deux interviews de Robert LOUISON et de Serge DUPUY ci-dessous).

  • Des démarches personnelles et des outils de mutualisation

Les contacts se développent en fonction des besoins, souvent hors de l'encadrement administratif. Comme le souligne Serge DUPUY , inspecteur d'académie (IA-DSDEN), "l'enseignant est le seul prescripteur en matière de pédagogie ". Lui seul peut choisir la méthode qui convient pour des élèves qui lui font face à un moment donné. Mais en même temps, dans cette phase de découverte, seule l'expérience collective peut apporter des réponses rapides à ses questions. Pour rompre l'isolement, et bénéficier de cette mutualisation, disciplinaire ou générale, plusieurs outils se mettent en place. Une liste de diffusion existe déjà, à laquelle près de 300 enseignants se sont abonnés. Et dès la rentrée, le rectorat proposera ARGOS, site entièrement dédié au partage des expériences, des compétences et des ressources pédagogiques.

  • Professeur et élève : qui est qui ?

Au sein de la classe, les relations se modifient également. Confrontés à la résolution de certains problèmes informatiques, les élèves adoptent des attitudes d'entraide. Certains élèves, plus faibles mais à l'aise avec l'outil, ont conquis un rôle valorisant d'assistant informatique auprès des autres. Même le rapport traditionnel professeur-élève tend à s'inverser lorsque l'enfant possède mieux l'outil informatique que son maître.

  • La question de la méthode pédagogique : entre rigueur et souplesse

Toute latitude ayant été laissée aux enseignants pour utiliser l'ordinateur (voir l'interview de Dominique FOUBERT ci-dessous), chacun, selon la personnalité, son expérience ou sa discipline, a choisi sa propre méthode. Certains enseignants ont choisi d'imposer l'informatique contre le gré des élèves, tel Michel TURCK qui dit s'être "bagarré " avec les élèves au début : depuis Pâques la tendance s'est inversée, les élèves ne veulent plus du papier ! D'autres leur ont laissé le choix.

Cependant, à l'heure du premier bilan, tous s'accordent pour proposer quelques conseils essentiels. En premier lieu, respecter le souhait de l'élève qui veut continuer à prendre ses notes à la main, éviter l'usage du portable pendant les cours magistraux, ne pas laisser trop de liberté aux élèves, rester maître du cours… et savoir imposer des moments sans ordinateur ! En somme, lui redonner sa place en tant qu'outil pédagogique parmi d'autres. Les élèves, eux aussi, ont des conseils à donner à leurs camarades pour l'an prochain. Marjorie, peu enthousiaste au départ, reconnaît qu'elle "apprend mieux avec l'ordinateur, parce que c'est attractif ". Nous laisserons le mot de la fin à la jeune Camille, qui préconise de rester zen : "ne pas s'énerver, y aller calmement !"

 

Le point de vue de l'institution Education nationale : vers une pédagogie active

Tout au long de l'année, Robert LOUISON, coordonnateur formateur des enseignants, et Serge DUPUY, inspecteur d'académie, ont suivi l'opération. Ils ont organisé un comité de pilotage mensuel avec les élus du Conseil général et les trois principaux des collèges, auquel ils ont participé.

Dominique FOUBERT, principale du collège de Mimizan que nous avions interviewée en début d'année (voir dossier n°4), a réalisé une grande enquête. Leurs trois témoignages permettent de dresser un bilan riche et nuancé, qui met l'accent sur les avancées pédagogiques.

 

Entretien avec Robert LOUISON, coordonnateur formateur des enseignants du Centre Académique des Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement (CATICE)

 "Il y a déjà des partages d'expériences intéressants entre enseignants"

Comment préparez-vous les enseignants ?

Comme nous l'avions fait en 2001, nous avons formé les enseignants qui participeront à l'opération à partir de la rentrée prochaine. Cela représente à peu près 750 enseignants, soit 250 jours de formation depuis décembre 2001 ! Chaque professeur s'est vu offrir six journées de formation. Cinq étaient consacrées à la technique et la sixième à la pédagogie.

  • Quel a été le contenu de ces journées de formation pédagogique ?

Ces journées étaient dédiées à l'utilisation concrète de l'informatique dans chaque discipline. Comme l'informatique pédagogique existe depuis près de quinze ans, nous avons pu donner un grand nombre de pistes aux enseignants, sur des questions d'ordre général. Quel comportement avoir avec l'outil ? Est-il opportun d'avoir toujours l'ordinateur ouvert devant soi pour travailler ? Quel type d'exercice donner à faire à la maison ? A quel moment utiliser le réseau ? Comment contrôler le travail des élèves de façon efficace ? etc.

  • Outre la formation, comment avez-vous suivi l'opération cette année ?

En cours d'année, les enseignants des trois collèges tests ont reçu la visite cordiale d'inspecteurs ainsi que du recteur, qui leur ont apporté des conseils. Nous avons également effectué un suivi sous forme d'enquêtes.

  • L'expérience de cette année servira donc aux prochains utilisateurs ?

Oui, nous avons tenu compte des remarques des professeurs pour mettre en garde les nouveaux venus au cours des formations, pour aider à définir les règlements intérieurs, orienter les démarches. Mais quelle que soit la discipline, ceux qui avaient un portable cette année n'ont pu tester qu'une infime partie de ce qui est possible. Il faudra attendre plusieurs années avant qu'ils en aient fait le tour.

  • Avez-vous observé des initiatives de la part des enseignants ?

Il y a en effet des partages d'expériences intéressants qui se font à titre personnel entre enseignants, notamment au travers d'une liste de diffusion interne à laquelle sont déjà abonnés près de 300 enseignants sur environ 750. Il y a déjà des tentatives pour mutualiser les cours, de la part de ceux qui participent à l'opération, mais aussi de la part de ceux qui n'y participent pas.

(12 juin 2002)

 

Rencontre avec Serge DUPUY, Inspecteur d'Académie, directeur des services départementaux de l'Education nationale dans les Landes


"
La réflexion pédagogique est en cours"

  • Quel est votre premier bilan de l'opération ?

L'opération s'est bien déroulée sur l'ensemble. Les objectifs sont atteints, et le résultat est globalement positif, mais nuancé. Sur le plan technique, nous n'avons pas rencontré de problèmes majeurs, en partie parce que nous avions sur place des aides éducateurs de qualité et en nombre suffisant. En revanche, sur le plan pédagogique, il faut avancer davantage sur les questions de l'intégration de l'ordinateur dans les actes d'enseignement.

  • Vous n'aviez pas donné de consignes dans ce domaine...

Non, et il est bon de rappeler que l'enseignant est le seul prescripteur en matière de pédagogie. Mais pour l'instant, et à quelques exceptions près, nous n'avons pas senti le passage d'une pédagogie transmissive à une pédagogie active basée sur l'interactivité, le questionnement, qui fait intervenir l'élève dans sa propre formation, en l'adaptant à chacun. Or ces outils ne peuvent se concevoir que dans le cadre d'une pédagogie active, sinon leur plus-value reste minime. Dans ce domaine, la réflexion ne fait que commencer.

  • Comment les enseignants peuvent-ils progresser dans cette voie ?

Il n'y a pas de règles. A chaque professeur de replacer son enseignement dans le contexte de sa classe, en tenant compte de chaque élève, tout en modifiant ses pratiques. Certaines disciplines s'y prêtent plus que d'autres. Ainsi nous avons assisté à un cours d'arts plastiques où l'enseignante avait su utiliser l'ordinateur comme un auxiliaire pédagogique. Cela donnait un cours très vivant où chaque jeune était partie prenante dans son apprentissage.

  • Comment aidez-vous les enseignants ?

En premier lieu, ils peuvent s'appuyer sur les inspecteurs de discipline, qui d'ailleurs doivent eux-mêmes s'adapter. Cela ne concerne donc pas que les professeurs, c'est une évolution de toute l'institution qui est en cours. Sur le plan des ressources par exemple, il y a eu un gros travail de la part du CNDP qui a rassemblé tout ce qui existe au plan national, et qui a fourni une réponse technique très pertinente qui sera disponible dès la rentrée.

  • Un nouveau métier pour les professeurs ?

Oui, je pense que le métier d'enseignant dans sa pratique est appelé à être complètement bouleversé, et le système éducatif avec lui. La seule constante, c'est qu'il y aura toujours besoin d'un maître pour accompagner celui qui apprend. Mais on ne peut pas utiliser l'ordinateur comme un livre. Il faut qu'il y ait interactivité. Ce qui a été très intéressant dans l'introduction de ces instruments, c'est que ça a favorisé la mutualisation des pratiques et les réflexions dans ce sens.

  • Y aura-t-il des formations à ces nouvelles méthodes pédagogiques ?

Les questions que se posent les enseignants appellent des réponses rapides et individualisées, qui correspondent à leurs besoins particuliers comme à leur niveau informatique. Les stages classiques, ciblés et disciplinaires, programmés longtemps à l'avance, ne peuvent y répondre. C'est pourquoi il faut utiliser l'expérience des uns et des autres qui permet d'apporter des réponses immédiates. Dans ce but, le rectorat a mis sur pieds un outil de formation permanente en ligne, ARGOS, qui sera présenté à Hourtin au mois d'août. Ce sera précisément un lieu d'échanges et de mutualisation entre les enseignants.

(19 juin 2002)

Dominique FOUBERT, principale du collège Jacques Prévert de Mimizan

 "Loin de supprimer l'enseignant, l'outil le rend encore plus indispensable"

Quel est le bilan pédagogique du portable pour cette année ?

L'année nous a permis de repérer par l'expérimentation les qualités et les défauts de l'outil, de voir ses limites parfois. Dans les disciplines où il faut donner le goût de la recherche, de l'analyse de document, il s'est révélé utile au quotidien.
En science, il favorise l'apprentissage de la démarche expérimentale, et permet à chaque élève de la pratiquer. Avec le vidéo-projecteur combiné à l'usage de la souris à distance, le professeur est libéré du tableau et peut aller facilement assister les enfants et vérifier ce qu'ils font. Enfin, nous pouvons entrevoir pour l'avenir une pédagogie différenciée : les élèves d'une même classe vont pouvoir faire, dans le même temps, des travaux de niveaux différents.

  • Et du côté des élèves ?

Les élèves sortiront tous du collège avec une réelle maîtrise de l'informatique, acquise par la pratique d'une multitude de logiciels. Ils ne sont plus rebutés par la recherche en ligne. En revanche, il faut leur apprendre à se limiter à un sujet, et ensuite à l'exploiter. Il y a là tout un travail à développer sur l'analyse de document et la synthèse : loin de supprimer l'enseignant, l'outil le rend encore plus indispensable. Les échanges avec les élèves sont extraordinaires, certains en savent plus que les professeurs sur certains points, et il se développe à un moment une relation d'adulte à adulte où l'enfant apprend quelque chose à son professeur qui, lui, est là pour transmettre son savoir didactique.

  • Vous avez établi une charte de bonne utilisation…

Oui, elle vise à réguler l'utilisation tant sur le plan matériel que déontologique et juridique. Par exemple, au regard de la loi, nous avions tendance à nous montrer trop curieux de l'utilisation que fait l'enfant de son ordinateur, or il y a un respect nécessaire de la sphère privée. Du point de vue de la protection du matériel, il faut rappeler leur responsabilité aux enfants : ils s'habituent tellement à avoir cet ordinateur qu'ils perdent la réalité de sa valeur et n'y font plus attention. Sur un plan pédagogique, il faut lui redonner sa place parmi les autres, ne pas en abuser inutilement. Au départ, l'ordinateur était perçu comme un fabuleux cadeau de Noël… Puis les élèves l'ont resitué dans son contexte de travail et l'enthousiasme initial s'est un peu tempéré. D'ailleurs certains le rejettent, tout simplement parce qu'ils rejettent le travail et les contraintes ! Enfin il faut souligner l'autonomie des enseignants : ils n'ont aucune obligation d'utilisation.

(13 juin 2002)

En savoir plus:

  • L'enquête

 

 

L'appréciation des enseignants pour les manuels scolaires numérisés : "peut mieux faire..."

  •  Reportage TV

  Livres numérisés :"Améliorer l'interactivité "
(Téléchargez la vidéo au format Real ; temps 2'45)

 

  •  Un recul pour certains

Interrogés sur leurs pratiques scolaires liées au portable, les élèves mentionnent souvent l'utilisation documentaire des ouvrages de référence, dictionnaire ou encyclopédie, qui leur ont été fournis. Cependant, il faut reconnaître que les manuels numériques ont connu un mauvais départ cette année.

Livrés par les éditeurs avec trois mois de retard dans les collèges tests, ils ont souvent été sous-utilisés, les enseignants préférant continuer leurs cours avec les supports classiques, voire pour certains d'entre eux avec les supports qu'ils ont eux-mêmes créés au premier trimestre.

Autre handicap, les éditeurs, qui ont dû travailler sur ce qui est un nouveau métier pour eux, n'ont pas su répondre aux besoins des enseignements : plusieurs ont simplement scanné les manuels... pour aboutir, comme le déplore Fabienne SAINT-GERMAIN, à de "simples photocopies " des livres papier. Car, ainsi que le souligne Michel TURCK, "un livre numérique n'est pas simplement un livre numérisé ." En effet, on peut faire d'excellents manuels papier, qui, numérisés, ne ressemblent à rien ; inversement, des livres moyens peuvent devenir de très bons manuels interactifs, pour peu qu'on ait repensé complètement le rôle du lecteur.

  • Des avancées positives

Tout n'est pas négatif, et certains professeurs ont travaillé avec des ouvrages adaptés. Ils ont alors découvert que ces manuels d'un nouveau type ne se feuillettent pas avec les élèves comme un livre papier. En classe, il est nécessaire de rationaliser leur usage, en utilisant largement le vidéo-projecteur plutôt que de demander aux élèves de suivre sur leur propre écran. Une technique qui a souvent permis à l'enseignant de s'affranchir de la contrainte du tableau noir (voir l'interview de Dominique FOUBERT). On a apprécié, dans de rares matières - là où cela avait été prévu par l'éditeur -, la présence d'exercices interactifs : ils permettent aux élèves de travailler plus librement et de façon plus attractive.

  • Améliorer l'interactivité

Les requêtes des enseignants se rejoignent sur deux points : des progrès techniques, mais surtout, une plus grande interactivité. "Les élèves recherchent cette interactivité ", insiste Jean-Marc DARRIGAN, qui souhaiterait voir figurer dans les manuels "des animations ", voire "des vidéos ". La variété des contenus possibles, du texte à l'image animée, doit être exploitée dans ce but. Du côté technique, les regrets exprimés concernent essentiellement la lisibilité : taille d'écran, ou capacité à rassembler sur une même page différents éléments comme un énoncé et le texte qu'il concerne.

  • Des éditeurs pas assez à l'écoute

Jean-Marc DARRIGAN résume le point de vue général : "un outil intéressant, mais qu'il faut faire évoluer." Les enseignants se montrent patients : "Il faut plusieurs années pour faire un bon livre , rappelle Michel TURCK. Mais encore faut-il que les éditeurs se montrent vraiment à l'écoute. Conscients du travail qu'ils ont à effectuer et de la nécessité d'améliorer leurs produits, quelques-uns sont venus dans les collèges. D'autres, comme l'explique Jean-Michel LOUBERE, ont choisi de faire des enquêtes (via un organisme tiers) ; d'autres encore ont sollicité les enseignants pour travailler en collaboration avec eux. Des réunions sont programmées pour cet été. Après un an de travail, il serait souhaitable que les manuels qui seront fournis à la rentrée intègrent des améliorations. Une évolution très attendue par de nombreux enseignants qui voient dans ces outils un support complémentaire à leurs cours, surtout la première année.

 

En SEGPA : un outil extrêmement valorisant

  •  Reportage TV

"Les élèves de SEGPA apprécient d'être considérés comme des élèves tout court"
(Téléchargez la vidéo au format Real ; temps 4'31)

 

 

  • L'ordinateur, un plus

Les enseignants reconnaissent unanimement l'acquis fondamental que représente l'apprentissage de l'informatique pour les élèves de SEGPA : leur bilan confirme les espérances et les observations recueillies en début d'année (voir dossier 6).

  • Un acquis fondamental pour la suite

Souvent issus de milieux défavorisés, la plupart des élèves de SEGPA ne pourraient accéder à cet outil dans le cadre familial. Quelle que soit leur orientation future, ils sauront désormais se débrouiller avec un ordinateur, manipuler les logiciels et utiliser Internet. Un apprentissage utile, mais dont l'intégration pédagogique n'est pas sans poser certaines difficultés, l'appropriation se déroulant plus lentement que dans les sections générales. La question peut alors se poser de l'opportunité d'un enseignement dédié, séparé des autres matières. Yves LAFFITTE, enseignant en menuiserie : "Les élèves se sont assagis ".

  • Trouver des supports numériques adaptés...

La difficulté principale reste de trouver des supports adaptés aux classes de SEGPA. Si pour les LEP l'offre numérique est plus large, leur niveau est souvent trop élevé. Par ailleurs, comme dans les sections générales, les professeurs sont unanimes pour dénoncer les livres numérisés, simples "copies carbones " de leurs homologues papiers, et dépourvus de toute interactivité. Les retards de livraison des premiers ouvrages numériques disciplinaires ont cependant parfois été compensés par la qualité des documents.

Philippe MANTEAU, enseignant en vie sociale et professionnelle : "Être considérés comme des élèves tout court ".

  • ... pour des gains pédagogiques réels

En menuiserie, après un premier échec, le "bon" logiciel de dessin industriel est arrivé... à Pâques. Le travail en trois dimensions a permis aux élèves d'appréhender rapidement la vision spatiale des objets, indispensable à leur discipline, et qu'ils ne parvenaient pas à conceptualiser. Un résultat qualifié de "fabuleux " par Yves LAFFITTE, leur professeur.

En Vie Sociale et Professionnelle, c'est à partir d'un ouvrage destiné aux LEP, et reproduisant exactement son programme que Philippe MANTEAU a présenté son cours. L'utilisation en classe nécessite cependant un vidéo-projecteur, les enseignants reconnaissant la difficulté de faire un cours magistral lorsque les élèves ont leur propre ordinateur ouvert. Autre bénéfice pédagogique certain, les exercices interactifs ont permis aux élèves de mieux travailler seuls, les devoirs à domicile sont plus facilement remis, et les leçons mieux apprises.

  • Evolution des comportements

Pierre SELIVERT, enseignant en mathématiques : "Un outil en plus qui permet aux élèves de voir les situations de façon différente". Si les classes se révèlent généralement plus calmes, l'enseignant peut éprouver des difficultés à gérer la "rupture dans la vision de l'élève ", ainsi que la définit Pierre SELIVERT, professeur de mathématiques en SEGPA à Montfort. A la fois attrayant et distrayant, l'écran est un refuge difficilement contrôlable pour les enfants les moins motivés (*). En fait, les élèves montrent un tel intérêt pour la pratique informatique, qu'elle peut être présentée comme une récompense, et sa privation comme une... punition. Enfin et surtout, l'utilisation de cet outil est perçue comme valorisante. Pour Philippe MANTEAU, "les enfants apprécient d'être considérés comme des élèves tout court ".

(*) Pour pallier cet inconvénient, le Conseil général envisage d'installer un logiciel de surveillance canadien qui permet au professeur de visualiser sur son écran tous les écrans des élèves sous forme de petites vignettes : il peut agrandir l'image d'un élève et constater qu'il fait autre chose, ou bien qu'il a besoin d'aide... voire bloquer tous les écrans pour obliger les élèves à l'écouter.

Altedia&FTPress pour le compte du Conseil général des Landes - 27 juin 2002