Dossier 19

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Dossier 19 (Juin 03) : Comprendre pour progresser : vers une première évaluation

Nous avons maintes fois souligné l'importance capitale de l'évaluation pédagogique dans une opération aussi innovante que celle des Landes (voir l'interview de Xavier SORBE dans le dossier 14). A l'heure où d'autres collectivités se préparent à démarrer (Bouches du Rhône et Isère notamment), les retours d'expériences sont bien évidemment très attendus.

Dans notre dernier Flash, nous indiquions que l'Inspection générale de l'Education nationale (IGEN ) et le corps des Inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR) de Bordeaux avaient entrepris une évaluation pédagogique. Elle s'est déroulée du 27 février au 20 mars 2003 dans six collèges landais choisis pour leur diversité qui ont été visités par 8 IA-IPR et a donné lieu à un rapport remis à Monsieur le Recteur Patrick GERARD à la mi-mai.

De son côté, la Direction de la Technologie du Ministère, avec l'association des éditeurs de manuels scolaires Savoir-livre , et le cabinet de conseil Gfk, a lancé une enquête sur l'impact des contenus numériques sur les usages des enseignants et des élèves.
L'étude se déroule en deux phases : qualitative et quantitative. L'approche qualitative est menée auprès d'un échantillon réprésentatif d'ulisateurs : huit enseignants (un par matière), 8 élèves, 3 parents d'élèves ; elle est complétée par 5 entretiens avec des membres de l'équipe technique du Conseil général et 6 avec des assistants d'éducation. Cette phase préliminaire sert à ajuster et à formaliser les questionnaires qui seront distribués auprès de l'ensemble des enseignants, élèves et parents : l'étude des réponses permettra de donner une appréciation globale de l'opération, de quantifier les usages, de comprendre les comportements, de mesurer les freins et les motivations. Les résultats devraient être remis au Ministère en décembre 2003.
Si la partie enquête qualitative (entretiens dans 3 collèges) a pu être menée à bien début mai, la partie enquête quantitative (questionnaire aux élèves, parents et professeurs) est reportée à l'automne prochain, compte tenu des mouvements sociaux. Le compte-rendu des deux volets de l'enquête doit être remis en décembre.

Parallèlement à ces évaluations et enquêtes, dès mars 2003, le Centre Académique des T.I.C.E. du Rectorat de Bordeaux a mené une étude statistique auprès des enseignants, pour recenser les principales pratiques pédagogiques et permettre à chacun de s'exprimer. Sur 720 enseignants interrogés, 409 ont répondu. Les résultats, en ligne sur le site http://www.ac-bordeaux.fr/landes/enquete/index.htm , sont complémentaires des enquêtes réalisées par ailleurs.
Robert LOUISON, responsable CATICE de l'opération, et coordonnateur de l'étude, dresse pour nous un premier bilan. Professeur d'Espagnol à Hagetmau, il évoque aussi la question des formations et l'intégration des TICE dans l'enseignement de sa discipline.

Nous achevons pour cette année scolaire nos investigations par le collège Jean-Marie Lonne d'Hagetmau, où nous avons rencontré des enseignants qui tentent eux aussi de tirer des leçons de cette année "expérimentale".

Sommaire

  • L'évaluation pédagogique de l'opération « un collégien, un ordinateur portable » remise à Monsieur le Recteur de Bordeaux
  • L'enquête statistique du CATICE auprès des enseignants
  • Une meilleure participation orale en cours d'Espagnol
  • Regain de motivation pour l'Anglais en SEGPA
  • En Sciences physiques, perdre du temps pour en gagner

 

L'évaluation pédagogique de l'opération "Un collégien, un ordinateur portable" remise à Monsieur le Recteur de Bordeaux

  • Six établissements visités, un protocole rigoureux

L'évaluation pédagogique de l'opération « un collégien, un ordinateur portable » s'est déroulée du 27 février au 20 mars 2003. Six établissements choisis pour leur diversité (établissement rural ou urbain, collège en cité scolaire, collège classé ZEP, établissement avec SEGPA intégrée) ont été visités. L'un d'entre eux fait partie des trois collèges du département équipés en ordinateurs portables dès la rentrée 2001.

Le protocole de l'enquête a été identique pour chaque établissement : observation de séquences de cours, échanges avec l'équipe de direction, les enseignants, des élèves volontaires de classes de troisième. Dans un établissement, l'équipe d'évaluation a pu rencontrer les parents d'élèves.

Pilotée sur le terrain par huit IA-IPR de l'académie de Bordeaux, dont Pierre LACUEILLE, IA-IPR de Sciences physiques qui a assuré la coordination et la synthèse des travaux, le rapport a été remis mi mai 2003 à Patrick GERARD, Recteur de Bordeaux.

  • Un rapport globalement positif

La tonalité du rapport est positive.
Extrait :
« Le fait de doter individuellement chaque élève de 3e d'un ordinateur portable a incontestablement renforcé sa maîtrise technique de l'outil informatique. En cette première année de mise en place du dispositif, les enseignants ont essentiellement cherché à se familiariser avec l'utilisation de ces nouveaux équipements (ordinateur, matériel de projection, offre logicielle). Sur le plan pédagogique, de nombreuses pistes de travail ont été explorées. Certains sont pertinents et débouchent d'ores et déjà sur des pratiques de terrain fortement enrichies par l'apport de l'outil informatique. Citons plus particulièrement la possibilité offerte aux enseignants d'utiliser des outils de communication aussi performants que le vidéo projecteur ou le tableau numérique ou la possibilité pour les élèves d'accéder à des ressources documentaires aussi riches que diversifiées. D'autres sont à aborder pour le moment avec plus de circonspection mais laissent présager pour l'avenir, une fois la réflexion suffisamment avancée, un large champ d'applications. C'est le cas de tout le travail pédagogique mené autour de la maîtrise de la langue (démarche qui devra passer par un nécessaire renforcement du travail écrit de l'élève) et de la réflexion à construire autour d'une approche plus individualisée du travail personnel demandé à l'élève. »

Le rapport note l'appétence et la forte attente des élèves.
Extrait :
« Le regard des élèves est assez critique dans l'état actuel d'avancement des pratiques. Leurs attentes vis-à-vis de l'utilisation des ordinateurs portables étaient en effet assez fortes, essentiellement d'un point de vue quantitatif. Ils estiment utiliser insuffisamment le portable à l'intérieur du collège et montrent des disparités d'utilisation importantes d'une classe à l'autre. »

 Une liste des apports les plus notables de l'ordinateur portable
. La richesse de la documentation accessible à tous (dictionnaire, encyclopédie, atlas, internet).
Extrait :
« Tous les élèves estiment avoir fait d'énormes progrès dans la maîtrise technique de l'ordinateur et déclarent en posséder aujourd'hui l'usage de manière satisfaisante (la mise en œuvre du B2i n'a pour autant pas été systématiquement instaurée dans les établissements, il est ainsi dommage que l'acquisition de telles compétences ne puissent être validée). L'apprentissage semble s'être fait sur le tas, les contraintes du programme de troisième n'ayant pas permis aux enseignants de dégager un temps spécifique d'apprentissage de l'outil. Les élèves ont su au demeurant faire preuve d'un sens de l'entraide et des échanges très positifs. Les élèves déclarent unanimement être plutôt satisfaits de pouvoir disposer à domicile de données documentaires de qualité (dictionnaire, encyclopédie). Certains parlent même d'une mise à égalité devant l'accès aux informations. La fréquentation des centres de Documentation et d'Information par les élèves de troisième semble de ce fait avoir fortement chuté. »

. L'utilisation du vidéo-projecteur.
Extrait :
« Les équipements périphériques de diffusion tels que les vidéos projecteurs sont assez fréquemment utilisés, certains professeurs les employant d'ailleurs avec les classes pour lesquelles les élèves ne sont pas équipés de portables (6°, 5°, 4°). Les tableaux numériques ne sont en l'état actuel des choses utilisés que par les professeurs ayant l'expertise technique et pédagogique la plus avancée. »

. L'intérêt de certains logiciels spécialisés (géométrie, sciences-physiques, technologie)

. La plus grande souplesse d'organisation de la classe

. Les possibilités de travail individuel à l'oral (langues vivantes)

. L'accroissement de l'autonomie des élèves

  • Des recommandations et des questions à approfondir

Le rapport propose ensuite une analyse des usages par disciplines. Puis viennent les questions qui mériteront un approfondissement dans les années à venir, ainsi que des recommandations, essentiellement sur le rôle de l'écrit.
. La maîtrise technique de l'outil (ordinateur, périphériques, logiciels) par les élèves et les enseignants
 .. Les élèves ont considérablement progressé mais certains usages nécessiteraient un apprentissage dès la 4e .
 .. Les enseignants soulignent le rôle essentiel des aides éducateurs et les besoins en formation et soutien de terrain (alors que le Rectorat annonce pour la rentrée prochaine la suppression de deux enseignants relais du CATICE sur les trois affectés à l'opération).

. L'utilisation en classe des portables par les élèves qui peut handicaper la communication et disperser leur attention.
Extrait :
« Les professeurs et les élèves évoquent ainsi de véritables « barrières d'écran ». Dans certaines des séquences observées, la communication au sein de la classe était de ce fait totalement annihilée, trop élèves s'étant « réfugiés » derrière leurs ordinateurs. (…) Que ce soit à travers le témoignage des professeurs et des élèves, ou à travers nos propres observations, force est de constater que de trop nombreux élèves ont tendance, comme ils le disent eux-mêmes, « à aller voir ailleurs».»

. La nécessité de maintenir une prise de notes

. L'apprentissage de la recherche documentaire
Le rapport souligne à ce titre le besoin de mettre en place un site référençant les liens pertinents ; c'est précisément l'entreprise dans laquelle nous nous sommes engagés à l'été dernier avec le réseau du CNDP mais qui semble peu connue des principaux intéressés (enseignants et IPR évaluateurs).

. L'individualisation de l'enseignement et l'utilisation du portable à domicile : aujourd'hui ce sont les meilleurs élèves qui tirent le plus parti des opportunités offertes par l'outil.
Extrait :
« Les élèves n'ont pas l'impression qu'il y ait eu une quelconque évolution dans la nature et la quantité du travail demandé à la maison ou en étude. Il semblerait que ce soit les meilleurs élèves qui aient l'utilisation la plus pertinente de l'ordinateur portable à domicile (exercice d'entraînement supplémentaires en mathématiques, exploitation des sources sonores en langue vivante, qualité et pertinence des recherches documentaires d'une manière générale). De nombreux élèves, essentiellement des garçons, déclarent surtout utiliser l'ordinateur à la maison pour jouer. »

L'enquête statistique du CATICE auprès des enseignants

  • Reportage TV

"Chacun a découvert des choses pédagogiquement rentables "
 

Robert LOUISON (CATICE) coordonnateur de l'opération landaise pour le    Rectorat de Bordeaux
(15/05/2003- Temps : 2'10)
avec Real Player avec Média Player

  • Objectifs de l'enquête

L'enquête statistique menée auprès des enseignants de troisième porte uniquement sur les pratiques pédagogiques. Il s'agissait de savoir quels étaient les problèmes rencontrés, dans quelle discipline l'ordinateur portable était le plus ou le moins utilisé, quelles étaient les approches des manuels numérisés, ou encore de savoir si, par exemple, en musique on utilisait le vidéo-projecteur ou quelle était la discipline qui utilisait le plus la messagerie. Une partie consacrée aux opinions personnelles permettait également de rendre compte des manques ou des besoins particuliers.

  • Un fort investissement et des niveaux d'usage divers

Robert LOUISON, relais du CATICE (centre académique des technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement), coordonnateur pour le Rectorat de Bordeaux de l'opération landaise et également professeur d'Espagnol à Hagetmau, a mené, via les professeurs-ressources des 32 collèges, une enquête régulière sur l'utilisation des ordinateurs portables par les enseignants. Sur les 720 interrogés, 409 ont répondu.

"80 % des collègues , d'après l'enquête qui a été faite en mars, se sont investis plus ou moins dans l'opération" : pour Robert LOUISON, ces chiffres permettent de dresser un premier bilan positif. Rappelons qu'aucune obligation n'avait été formulée et que les enseignants, responsable de leur pédagogie, sont restés libres d'utiliser ou non le portable, et selon le mode qui leur convenait. Les paramètres personnels, le contexte local ou disciplinaire ont certainement largement conditionné les résultats et les usages sont très variés, à la fois quantitativement et qualitativement. "Ça va du professeur qui a utilisé pour lui-même à la maison pour préparer les cours pour ses élèves, au professeur qui a utilisé en classe le vidéo-projecteur avec ses élèves et a celui qui a demandé à ses élèves d'utiliser l'appareil en classe ."

Validation et diffusion : prudence et longueur de temps

En terme de résultats pédagogiques, Robert LOUISON se montre très prudent : il estime qu'il est trop tôt pour envisager de chiffrer l'opération. Les résultats du brevet des collèges, par exemple, qui pourraient rendre compte concrètement d'une avancée, ne montreront sans doute pas de différence significative. "Il faut beaucoup plus de temps aux professeurs pour utiliser l'appareil de façon optimale" déclare-t-il, rappelant que tout le département est dans une démarche expérimentale. Par la suite, les expériences menées un peu partout, individuellement ou collectivement, vont permettre de dégager des "usages pédagogiques rentables" qui, par champ disciplinaire, devront ensuite être évaluées puis diffusées, mutualisées, par les équipes rectorales. "…et quand cela aura été diffusé, on saura quelles sont les conséquences sur les compétences que les élèves auront acquises " conclut Robert LOUISON.

  • Enquête de mars 2003 sur les pratiques : quelques résultats


. Équipements et matériels.
Parmi les matériels utilisés (hors ordinateurs portables), les imprimantes tiennent le haut du tableau, suivies par les vidéo-projecteurs puis les scanneurs, ces deux appareils capitalisant entre 150 et 200 utilisateurs chacun chez les quelque 400 enseignants qui déclarent utiliser l'ordinateur portable. Des chiffres importants pour ces appareils qui sont des outils collectifs mis à disposition dans chaque collège.

. Disciplines. La Technologie, qui comporte, rappelons-le, des enseignements d'informatique, est logiquement la discipline la mieux représentée pour l'utilisation de ces différents appareils, mais également du tableau interactif, ce qu'elle partage avec les Mathématiques (on pense aux logiciels de géométrie) et les Sciences de la Vie et de la Terre. Le scanneur est également beaucoup utilisé en documentation et Arts plastiques.

. Fréquences d'utilisation. 55 % des enseignants déclarent utiliser le portable quotidiennement, avec en tête des disciplines, la documentation et la technologie. Les professeurs de classes SEGPA se placent comme de plus petits utilisateurs, avec pour plus de 50 % d'entre eux une utilisation hebdomadaire, et pour près de 40 %, une utilisation bimensuelle. Notons enfin que les professeurs d'EPS ne sont pas parmi les plus faibles utilisateurs puisque plus de 40 % déclarent avoir une utilisation quotidienne du portable.

. Manuel numérisé. Toutes disciplines confondues, et parmi celles disposant effectivement d'un manuel numérisé, 57,5 % des enseignants déclarent en faire usage. Ce qui ne signifie pas par ailleurs qu'ils en exploitent systématiquement toutes les fonctionnalités. Les disciplines les mieux représentées sont, par ordre décroissant, l'histoire-géographie (dans plus de 80 % des cas), l'espagnol, les SVT, la physique, l'anglais, puis, à moins de 50 % les mathématiques, les lettres, la techno et les SEGPA.

. Utilisation en cours. Majoritairement, c'est comme support d'exercices que les ordinateurs portables sont le plus utilisés en classe (plus de 50 % des cas), suivi de près par la recherche documentaire. Le manuel est le motif d'utilisation dans 40 % des cas, suivi par la présentation de cours, et la transmission de cours. L'usage "Cahier de texte" semble le dernier qu'on en fasse, et les usages non-pédagogiques ne sont pas mentionnés !

. Impressions . Une liste d'impressions « brutes » négatives ou positives, tirées d'enquêtes menées au collège de Mimizan en 2001-2002, a été proposée aux enseignants qui devaient en choisir deux. Les aspects ressentis le plus négativement sont la lourdeur d'installation en début d'heure (loin devant), puis le risque de confusion – de la part des élèves – entre outil et jouet. Côté positif, ce sont les recherches documentaires facilitées qui retiennent l'attention, puis, pratiquement à égalité, une meilleurs présentation des travaux et un plus grand intérêt des élèves.

  • La formation, source d'espoir et d'attentes

L'enquête a – entre autres - permis de déceler certaines attentes dans le domaine de la formation. Robert LOUISON, qui a coordonné les actions de formation des deux premières années, ne s'en étonne pas et analyse les besoins émergents.

"Il est bien évident que certains des collègues qui ont découvert l'ordinateur en début d'année et qui ont fait leurs premiers essais, ont subi quelques échecs faute de formation suffisante. Il est vrai qu'on ne peut pas former des gens à l'informatique en six jours comme cela a été proposé l'année dernière, mais par ailleurs c'était difficile de demander aux chefs d'établissement de concéder plus de six jours de liberté aux enseignants pour se former."

D'autre part, à l'issue de cette année de tâtonnement, il va y avoir encore une année de formation parce que certains arrivent à un niveau qu'ils souhaitent dépasser. Ainsi, tel professeur de langue, voyant qu'il était possible de récupérer des « fichiers son » afin de faire travailler ses élèves à la maison, souhaite savoir comment procéder. Ce genre de désir vient de la découverte de possibilités qui étaient ignorées auparavant. Il y a donc encore un palier de formation à vivre et je crois que les bilans de ces formations pourront réellement se sentir en termes de compétences acquises, pendant la troisième année."

En savoir plus :
L'intégralité des résultats de l'enquête est consultable sur le site de l'Académie de Bordeaux :
http://www.ac-bordeaux.fr/landes/enquete/index.htm

 

Une meilleure participation orale en cours d'Espagnol - Sandrine TACHON

  • Reportage TV

"Ca incite à la communication…"

 Sandrine TACHON, professeur d'Espagnol
  (15/05/2003- Temps : 2'41)
  avec Real Player avec Média Player

 

  • L'apport conjugué du vidéo-projecteur et de Synchron'Eyes

Si le portable est au centre des cours de la classe d'espagnol de Sandrine TACHON, il semble disparaître au profit d'une réelle participation orale collective et des échanges entre les élèves et avec le professeur. "Je l'utilise avec le vidéo-projecteur afin de projeter à tous les élèves les documents , précise l'enseignante, (…) tous les documents qu'on utilisait de façon classique auparavant. Aucun élève ne peut se cacher dans son texte ."

Synchron'Eyes complète le dispositif de deux façons. D'une part il permet de procéder à des corrections individuelles, en projetant successivement le travail de chacun à l'écran. L'élève est amené à participer en lisant son travail, qui est corrigé collectivement. D'autre part, lorsque l'enseignante aborde une partie purement orale de son cours, elle bloque tous les ordinateurs, évitant ainsi toute tentation…

  • Des débuts difficiles

Le déroulement des cours de Sandrine TACHON est aujourd'hui bien rôdé. Elle reste cependant prudente sur les résultats : "il est beaucoup trop tôt pour parler d'amélioration ou de baisse de niveau ". Pour les enseignants, cette année aura en effet été celle de l'intégration pédagogique du portable, et la période d'adaptation a souvent été difficile. Sans parler de la maîtrise des aspects techniques : "On a perdu beaucoup de temps avec des problèmes techniques qu'on ne savait pas résoudre nous-même " déclare-t-elle. Raison pour laquelle le programme a subi, au moins dans les premiers temps, un certain retard. Un petit regret encore : ne pas toujours disposer du matériel nécessaire tels que, tout simplement, des rideaux dans les salles qui permettraient de mieux voir les écrans.

  • Un outil "très pratique"

Le bon usage de l'outil va de pair avec une bonne organisation. Par exemple, pour réduire les pertes de temps occasionnées par les branchements et les connexions à Synchron'Eyes, les élèves ne peuvent pas s'asseoir avant d'être tous connectés. Ils procèdent donc plus vite à ces manipulations : le cours peut alors se dérouler normalement, et tous les élèves participer. Globalement, Sandrine TACHON s'avoue très satisfaite : "Je dirais que c'est très pratique parce qu'on n'a pas à apporter différents manuels, on a tous les documents scannés à l'intérieur de l'ordinateur. (…) On n'a pas besoin non plus de magnétophone, tout peut être fait à partir de l'ordinateur". Un avantage que devraient aussi partager les élèves : "théoriquement, ça allège beaucoup le cartable".

Zoom sur les TICE et l'espagnol - Robert LOUISON

Robert LOUISON, professeur d'Espagnol : " des pratiques innovantes" Robert LOUISON, lui-même professeur d'Espagnol, pilote le groupe "Informatique et langue vivante espagnole", qui rassemble des enseignants de toute l'Académie. Leur mission est "de trouver des pistes pédagogiques d'utilisation, d'analyser des logiciels pédagogiques, de façon à mettre sur le serveur du rectorat les résultats de ces analyses ".

Le groupe a également créé un cd-rom de ressources pédagogiques sur lequel les professeurs peuvent trouver des textes, de la musique, des extraits vidéos, des présentations et toute sorte de documents utilisables en classe. Il s'agit donc à la fois d'un travail de veille, d'analyse et de diffusion . Robert LOUISON a également fait appel à ces "spécialistes" des différents départements afin d'animer des formations disciplinaires dans le cadre de l'opération.

Robert LOUISON a donc été particulièrement attentif, dans sa discipline, aux différentes voies pédagogiques qui ont émergées de l'opération "portable", en particulier l'utilisation du manuel numérique.
"Globalement , déclare-t-il, les collègues sont contents parce qu'il y a des vidéos, du son, ce qui est essentiel pour l'étude d'une langue étrangère. La compréhension orale est un des éléments fondamentaux. La démarche est complètement nouvelle par rapport au manuel papier parce que l'élève peut ré-écouter dix fois le texte à la maison s'il le souhaite, reprendre une récitation avec le texte, etc. Ce sont vraiment des pratiques innovantes ".

En savoir plus :
http://espagnol.ac-bordeaux.fr/espa.htm 

Regain de motivation pour l'anglais en SEGPA

 

  • Reportage TV

"Je suis contente d'avoir utilisé cet appareil avec ces élèves-là…"

Michelle TYNE, professeur d'anglais en classe de SEGPA
(15/05/2003- Temps : 2'38)
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  • Un contexte particulier

L'expérience du portable, Michelle TYNE, professeur d'Anglais, l'a faite dans des conditions particulières puisqu'elle enseigne cette année dans une classe de 3e SEGPA. Ces élèves, souvent en difficulté vis-à-vis de l'Anglais, ont pourtant bien réagi et ont trouvé là un regain de motivation grâce à des activités mêlant l'apprentissage de la langue à des applications portées par l'outil informatique.
"Nous avons essayé de préparer un yearbook cette année, ils ont donc pris des photos et nous avons écrit des commentaires sur ces photos."
Cependant, face au comportement de certains élèves, qui ont tendance à quitter l'application en cours pour investir Internet, la classe a rapidement été divisée en demi-classes.

Des possibilités intéressantes en langues
Parce qu'elle n'enseigne que dans cette seule classe de troisième, Michelle TYNE se sert peu de son portable en classe. "Par contre , déclare-t-elle, je m'en sers beaucoup personnellement pour mes préparations de cours, mes contrôles, naviguer sur Internet, trouver des renseignements ." L'année prochaine, elle souhaite l'utiliser avec les classes de 3e qu'elle pourra avoir. Mais elle constate que ses collègues ont pu éprouver des difficultés, et qu'une période d'adaptation leur a été nécessaire. En langue, les possibilités sont intéressantes, estime-t-elle, au niveau de la recherche, des exercices, sans négliger le côté ludique. "Je sais aussi que dans notre portable nous avons un manuel avec beaucoup de vidéos, et ça c'est très intéressant " conclut-elle.

 

En Sciences physiques, perdre du temps pour en gagner

  • Reportage TV

" On a beaucoup de travail et de progrès à faire."

Agnès JOIE, professeur de sciences physiques
(15/05/2003- Temps : 2'32)
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  • L'écrit et l'écran

En Sciences physiques, les cours d'Agnès JOIE sont généralement rythmés par trois séquences : ils commencent par les expériences, suivies des énoncés et se terminent par des exercices d'application. C'est principalement au niveau de la leçon que les ordinateurs portables sont utilisés. Les cours préparés par l'enseignante sont récupérés par les élèves sur le serveur. En classe, pendant que la leçon est projetée à l'écran à l'aide du vidéo-projecteur et commentée, les élèves personnalisent via le traitement de texte le document qu'ils ont récupéré. "À la fin on imprime ce qu'ils ont fait parce qu'ils veulent absolument dans leur classeur avoir le cours sur papier et non pas apprendre la leçon sur l'écran " ajoute Agnès JOIE. Mais il y a des dérives : certains élèves s'appuient sur les meilleurs pour la prise de note, récupérant ensuite les impressions pour leur propre compte...

  • Une utilisation limitée du manuel numérique

Le manuel numérique est utilisé "pas plus et pas moins que le manuel sur papier " car en Sciences physiques le contenu est le même pour les deux supports, principalement pour les énoncés des exercices. La projection de ces énoncés à l'écran apporte un peu de confort aux élèves dans la mesure où "ça leur évite d'avoir un livre sur la table " précise Agnès JOIE. Petit plus néanmoins du manuel électronique, les animations présentant des expériences : mais après une tentative, l'enseignante a renoncé à les utiliser : "autant les faire en vrai plutôt que de les montrer en vidéo ", ajoute-t-elle. Pour contrôler l'activité des élèves, Agnès JOIE utilise ponctuellement Synchron'Eyes, mais "difficilement " reconnaît-elle. Même lorsque les élèves "mettent un temps correct pour se brancher ", elle préfère circuler dans la classe pour voir ce qu'ils font.

  • Un gain de temps réel

En début d'année, Agnès JOIE a partagé l'inquiétude de ses collègues sur les retards accumulés suite à la mise en place de l'opération. Aujourd'hui elle constate que cette perte de temps est compensée par celui gagné en ne copiant plus les cours, par elle-même sur le tableau, comme par les élèves dans leurs classeurs. Un gain de temps qui lui permet d'augmenter la part réservée aux exercices : "j'ai doublé le nombre d'exercices faits en classe ". Pour elle, les élèves sont demandeurs, et souhaite utiliser le matériel mis à leur disposition. "Mais , conclut-elle, ils se sont vite rendu compte qu'on leur demandait quand même toujours de travailler… "

Les arts plastiques assistés par ordinateur

 

 

 

 

 

 

Cours d'Arts plastiques au collège Jean-Marie Lonne à Hagetmau

  

 

  • Reportage TV

" Ce sont les élèves qui m'ont aidée ."

Marie-Hélène DUBOS, professeur d'Arts plastiques
(15/05/2003- Temps : 2'36)
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  • L'utilisation d'un logiciel de dessin

En classe de 3e "technologie", les élèves disposent d'un plus grand nombre d'heures de cette matière, et sont d'autant plus familiarisés avec l'outil informatique. Des connaissances qui leur permettent, dans certaines disciplines, "d'avancer plus vite".

C'est le cas en arts plastiques comme le constate Marie-Hélène DUBOS, qui propose une initiation à un logiciel de dessin. Après avoir téléchargé la reproduction d'un tableau de Salvador DALI (Persistance de la mémoire) dans l'encyclopédie Encarta, les élèves devaient y intégrer leur portrait (à partir d'une photo numérique prise par l'enseignante).
"Ils devaient aussi utiliser les outils de "Paint" et savoir manipuler l'image, changer les couleurs, doubler des formes, déplacer des formes…" explique-t-elle.

  • Un usage sporadique

Malgré l'intérêt de cet outil, Marie-Hélène DUBOS déclare l'avoir peu utilisé cette année. Si elle confesse avoir été aidée par ses élèves et avoir beaucoup appris dans cette pratique, elle rencontre toujours des difficultés et regrette de ne pas savoir assez l'utiliser : "je trouve qu'on manque de formation " ajoute-t-elle. Si elle pense qu'en Arts plastiques utiliser l'ordinateur peut être enrichissant, elle regrette de ne pas disposer d'une salle câblée : "je ne l'ai pas et pour moi c'est un handicap ." Notamment parce qu'elle voit là une alternative à proposer aux élèves qui ne seraient pas intéressés par certaines activités. "Mais je ne peux pas non plus utiliser tout le temps l'ordinateur en arts plastiques, ce n'est pas possible. C'est bien de le faire de temps en temps ."

  • Non, l'ordinateur ne tue pas le goût du livre !

S'il est difficile, en Arts plastiques, d'évaluer les conséquences de l'utilisation du portable, Marie-Hélène DUBOS constate néanmoins, en tant que professeur principal d'une classe de 3e , la naissance d'un certain désengouement : "Au fur et à mesure que l'année passe, certains de mes élèves ne veulent plus travailler sur l'ordinateur ." Une réticence pour laquelle elle reconnaît ne pas avoir de réelle explication : "Je crois qu'ils aiment bien encore écrire, lire, prendre un livre, ils ont plutôt envie de tourner des pages que regarder et brancher l'ordinateur ." Une observation qui ne peut que réjouir tous ceux qui redoutent que l'écran ne tue l'écrit !