Dossier 5 (2001)

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  • strict warning: Static function Messaging_Cached_Object::cache_get() should not be abstract in /var/www/html/virtualdomains/15606/landesinteractives.net/www/sites/all/modules/messaging/includes/messaging_object.class.inc on line 75.
  • strict warning: Declaration of Messaging_Cached_Object::object_load() should be compatible with Messaging_Object::object_load($table, $key, $value, $class = NULL) in /var/www/html/virtualdomains/15606/landesinteractives.net/www/sites/all/modules/messaging/includes/messaging_object.class.inc on line 76.

Dossier 5 (octobre 2001) : Comment les professeurs s'approprient l'instrument

Les professeurs des trois collèges "tests" ne sont pas pris au dépourvu, puisqu'ils sont volontaires pour participer au projet. Ils ont reçu leur portable fin août 2001, et suivi une formation d'une dizaine de jours aux fonctions de base entre mai et juillet.

Mais sur le plan pédagogique, tout reste à construire et à inventer, comme le souligne Jean-Michel LOUBERE, professeur de Lettres à Saint-Paul-lès-Dax. L'engagement n'empêche pas la prudence et dans un premier temps, aucun professeur n'envisage d'abandonner les instruments traditionnels. Après un mois cependant, de nouveaux usages ont déjà fait leur apparition, comme en témoignent les réactions de Michel TRAVERSAT, professeur de Technologie à Mimizan, Marie-Claude BARADAT, professeur de lettres classiques à Saint-Paul-lès-Dax, Magali BENCQUET, professeur d'Anglais à Montfort-en-Chalosse, Monique MARROCQ, professeur d'Histoire-géographie à Montfort-en-Chalosse, Jean DEZEMERY, professeur de Mathématiques à Mimizan.

Un objet déjà familier pour de nombreux professeurs

L'arrivée de l'informatique n'est pas une nouveauté dans les collèges. Ainsi, c'est une des principales matières du cours de Technologie : les collégiens se sont déjà familiarisés depuis la 6e avec l'ordinateur et les logiciels de traitement de texte, de bureautique, internet, etc. A leur arrivée en 3e , les élèves ont déjà pratiqué l'informatique, en moyenne une centaine d'heures (c'est une des raisons du choix d'équipement de ce niveau).

Dans d'autres disciplines, l'outil est utilisé ponctuellement, et de nombreux professeurs en ont déjà la pratique personnelle ou professionnelle.

Rencontre avec Jean-Michel LOUBERE, professeur de lettres à Saint-Paul-lès-Dax (17 septembre 2001) "un grand progrès pour la gestion du travail " 

  •  L'informatique est-elle une nouveauté pour vous ?

Depuis plusieurs années, j'essaye d'utiliser l'informatique, mais je manquais de moyens pour faire ce que je voulais ; j'utilisais l'ordinateur dans le cadre de petits travaux, comme des exercices d'entraînement à la lecture, des mises à disposition d'instruments de travail, des programmations de séquences de cours. J'ai pris cette année des 3e pour pouvoir participer au projet, qui m'intéresse particulièrement puisque je fais partie du groupe " Lettres et Informatique ". Tout est encore à faire, puisque on attend la numérisation des manuels scolaires.

  • Qu'est-ce qui va changer, d'après vous ?

Ce qui va changer, c'est la facilité pour communiquer en dehors de la classe, pour la gestion du travail. La mise à disposition des instruments de travail donnera plus d'autonomie à l'élève, qui pourra personnaliser le cours, consulter des séquences de cours programmées. Il pourra aussi faire son travail sous une forme plus propre, grâce au traitement de texte et au correcteur automatique, et acquérir plus de rigueur. On attend aussi beaucoup de la communication avec les autres établissements.

 

L'écran ne supprime pas l'écrit

  • Reportage TV

Michel TRAVERSAT, professeur de Technologie à Mimizan 18/09/ 2001 (Téléchargez la video au format Real ; temps : 0'55)
La multiplication des ordinateurs va-t-elle changer la vie de M. TRAVERSAT, professeur de technologie à Mimizan ?

Certes, ses propres cours et ses documents seront désormais distribués via le réseau intérieur du collège. Le passage à l'ordinateur individuel devrait également lui permettre de monter un projet plus ambitieux : créer avec les élèves, à titre d'exercice pédagogique, un cd-rom ou un site sur un thème de leur choix. Peut-être parce que Mimizan est situé au bord de l'océan, le sujet retenu par les élèves porte sur... les requins.

Néanmoins, même pour M. TRAVERSAT, l'ordinateur ne doit pas se substituer aux outils traditionnels, le papier et le stylo. "Pas question que l'ordinateur, portable ou non, devienne l'unique outil de travail ". Le cours classique sera conservé ; les interrogations resteront rédigées à la main.

  • Interview Michel TRAVERSAT, professeur de Technologie à Mimizan, un mois plus tard (25 octobre 2001) "Grands succès et petits sermons "

Un mois après la remise des ordinateurs, comment évolue l'opération ?
Très bien : les élèves ont pris en main la machine, ils l'ont très rapidement personnalisée, ils ont tout changé à l'intérieur ! Pratiquement tous les cours se font avec l'ordinateur : les devoirs à la maison sont rendus sous forme imprimée ; et surtout, ce qui remporte un grand succès, c'est la messagerie qui a littéralement explosé. Ce qui est sûr, c'est que pour la récupération d'images sur Internet, ils sont au point ; même s'il leur arrive de se déconnecter un peu trop rapidement, mais ils prendront vite l'habitude. L'enthousiasme est tel qu'il y a eu quelques débordements, à cause du poids des images que les élèves vont chercher sur Internet et qui saturent le serveur ; mais cela a vite été réglé par les aides éducateurs. Les aides éducateurs ont dû être beaucoup sollicités... 
Oui, d'autant qu'il y a eu aussi d'autres petits problèmes de connectique : de petites pannes de bornes ou de câble, vite surmontées... et puis, deux ou trois ordinateurs sont tombés et leurs écrans ont été cassés : ils ont dû repartir chez HP pour réparation. Ce qui a donné lieu à de petits sermons pour les élèves ; en cas d'oubli de l'appareil dans une classe, la sanction est de rédiger pendant une heure de colle une réflexion sur le prix de l'appareil. Mais dans l'ensemble, les élèves en prennent soin.

Sur le plan pédagogique, il y a des innovations ? En technologie, les élèves doivent préparer un dossier pour décembre sur l'histoire des solutions des problèmes techniques. Ils auront à faire des recherches sur Internet, sur l'Encyclopédie Encarta, et sur d'autres documents papiers, et à rendre leur travail à la fois sur papier et sur le serveur. Cela leur permettra de faire usage de l'ordinateur comme outil de recherche et de présentation. D'autre part, nous avons commencé à mutualiser les programmes entre enseignants, grâce à la liste de diffusion qui se trouve sur le site Internet du Rectorat.

 

Pour certains, un objet qui reste à apprivoiser ... en Français

  • Reportage TV
Marie-Claude BARADAT, professeur de Lettres classiques à Saint-Paul-lès-Dax :
"Garder le contact avec le livre"
17/09/ 2001 (Téléchargez la vidéo au format Real ; temps : 0'48)

Marie-Claude BARADAT, professeur de lettres classiques à Saint-Paul-lès-Dax, ne cachait pas une certaine appréhension, lors de la remise : "J'y vais sur la pointe des pieds ", confiait-elle. Comme elle ne maîtrise pas suffisamment l'instrument, elle sait qu'au début, il lui faudra du temps pour se familiariser avec les principales fonctions de l'appareil. Dès la rentrée, elle envisageait cependant de l'utiliser en classe pour les recherches de documents, la consultation du dictionnaire, de l'encyclopédie, et pour concevoir certains exercices. En attendant que les textes au programme, les manuels de français et de latin soient numérisés. Pour autant, elle ne veut pas que les élèves perdent le contact avec l'objet livre : "Mon métier consiste essentiellement à donner aux élèves le goût de la lecture suivie, et donc du livre".

  • Rencontre avec Marie-Claude BARADAT, professeur de Lettres, au collège de Saint-Paul-lès-Dax, un mois plus tard (26 octobre 2001) "Je maîtrise mieux l'ordinateur "

Après un mois, où en êtes-vous ?
Je n'ai pas beaucoup utilisé l'appareil, je continue d'avancer très doucement, et bien sûr tout ne s'y prête pas ; mais il m'est arrivé, cette semaine par exemple, de me servir de l'ordinateur pour un exercice de remise en ordre de récit : ça s'est bien passé, les élèves manipulent très bien l'outil. J'ai aussi recours à l'Encyclopédie Encarta pour faire des recherches en classe, pour chercher des mots ou des noms propres. D'autre part, pour la rédaction de devoirs à la maison, je leur laisse le choix de le rendre sous forme manuscrite ou d'utiliser l'imprimante. La moitié des élèves ont choisi le traitement de texte ; les autres préfèrent écrire. Mais pour les adeptes de la première formule, il leur reste à apprendre la mise en page, car les copies sont terriblement compactes ! Et ils n'ont guère fait usage du correcteur orthographique… Il faut dire que ce dernier ne s'occupe pas des fautes de conjugaison.

Vous sentez-vous toujours réservée sur l'opération ?
Moins, car je maîtrise mieux l'ordinateur. D'une façon générale, je crois que l'enthousiasme des premiers jours devant le "jouet de luxe" est un peu retombé ; maintenant c'est déjà un outil que les uns pratiquent plus que d'autres, et qui pour les élèves devient banal. Au début, j'avoue que j'avais un peu peur du ridicule si je ne savais pas résoudre un problème technique, mais les élèves se débrouillent très bien, et les plus au point aident les autres. Ils n'ont pas besoin de nous !

Pour certains, un objet qui reste à apprivoiser ... en Anglais

  • Reportage TV

Magali BENCQUET, professeur d'Anglais à Montfort-en-Chalosse :
"Le travail de l'élève ne doit pas se réduire à télécharger "
18/09/2001 (Téléchargez la vidéo au format Real ; temps : 1'07)

 

 

  • Pour un professeur de langues, quels sont les usages qu'ouvre l'accès à Internet ?

"On peut consulter des documents authentiques, comme la une des journaux que l'on pourra présenter en temps réel en suivant l'actualité ; cela ne sera pas toujours facile, car ces textes ont un niveau de langue supérieur à celui d'un élève en 4e année d'Anglais ; en général, les textes des manuels sont simplifiés. Cela représente donc un surcroît de travail pour l'enseignant. On peut aussi imaginer de nouvelles pratiques, comme du chat avec des élèves à l'étranger, non anglophones pour éviter les écarts de langue. Le côté ludique n'est pas non plus à négliger : l'outil est attrayant, les élèves peuvent prendre goût à taper un devoir, à l'envoyer par mail…".

En même temps, Magali BENCQUET, professeur d'Anglais à Montfort-en-Chalosse, souligne les dangers que représenterait l'introduction de l'ordinateur, s'il se substituait au travail de l'élève : "chercher des informations, ce n'est pas faire un copier-coller ; il est important de faire comprendre aux enfants qu'ils ne sont pas là pour faire de l'informatique, ni pour jouer, et qu'ils ne doivent pas oublier leur travail d'élève ".

 

"On nous a dotés d'une Ferrari..."

  • Reportage TV

Monique MARROCQ, professeur d'Histoire-géographie à Montfort-en-Chalosse
"On nous a dotés d'une Ferrari, et nous allons rouler en première".
18/09/ 2001 (Téléchargez la vidéo au format Real ; temps : 2'03)

 

Selon Monique MARROCQ, l'ordinateur portable pourrait contribuer à faire participer les élèves à la fabrication du cours, par exemple dans la constitution commune de cartes, ou dans la correction en classe du travail d'un élève que l'on pourrait directement afficher et retravailler sur le tableau interactif. "Ce qui est primordial , précise-t-elle, c'est le contenu du cours. L'informatique est un outil supplémentaire, et nous l'utiliserons s'il se révèle utile ; ce ne sera pas l'outil unique ." Elle regrette qu'il n'y ait pas de "concertation prévue entre les enseignants, avec des heures de décharge, d'autant que l'apprentissage et la préparation des cours sur ordinateur, comme la visite préalable des sites qu'on leur indique, tout cela implique une surcharge de travail ". Il est important, en effet, de "former les élèves à discerner la nature des sites et la valeur des sources ".

  • Rencontre avec Monique MARROCQ, professeur d'Histoire-géographie à Montfort-en-Chalosse, un mois plus tard (29 octobre 2001) "Nous sommes en pleine expérimentation"

Un mois plus tard, comment les choses ont-elles avancé ?
Nous en sommes encore au balbutiement, et je ne maîtrise pas encore les instruments ; d'autre part il y a eu des problèmes techniques, notamment avec le réseau qui ne fonctionne pas bien. Nous avons eu aussi quelques soucis avec le logiciel "prise en main", qui permet de s'emparer à distance du contrôle des ordinateurs des élèves : ceux-ci ont rapidement trouvé les mots de passe et se sont amusés à voyager chez leurs camarades… En tous cas, les élèves maîtrisent bien leur appareil : eux aussi font leur apprentissage et on observe un regain d'intérêt pour le travail. Ils vont visiter des sites interdits, même en cours… mais nous les avons mis en garde. En ce qui me concerne, je prends garde à ne faire que ce que je sais faire. L'ennui est que, comme je vous le disais la dernière fois, il n'y a pas de concertation entre les professeurs, faute de temps. Chacun se pose des questions auxquelles personne n'a vraiment de réponse : c'est normal, nous sommes en pleine expérimentation et je pense que la phase expérimentale va durer jusqu'à Noël.

Quel type de questions vous posez-vous ?
Des questions sur le contenu, et des questions techniques. Mais pour le moment, ce qui m'inquiète un peu, c'est un virus qui a pris possession de mon ordinateur et a envoyé tous mes documents à tout mon carnet d'adresse ! Ce système de surveillance qui permet de savoir ce que font les élèves en temps réel a aussi son envers : jusqu'à présent, ce qui se passait en classe restait confidentiel et fermé ; maintenant, on a le sentiment que tout est transparent et qu'un observateur masqué est peut-être en train de surveiller ce que vous faites. Après tout, peut-être est-ce normal pour des fonctionnaires qui travaillent dans un établissement public ; mais c'est un sentiment nouveau pour moi !

 

"Nous sommes tous des pionniers"

  • Reportage TV

Jean DEZEMERY, professeur de Mathématiques au collège de Mimizan
"Nous sommes tous des pionniers"
18/09/2001 (Téléchargez la vidéo au format Real ; temps : 1'04)

 

Bien que déjà familier avec l'ordinateur, M. DEZEMERY considère que chaque enseignant sera un pionnier sur le plan pédagogique. "La pédagogie n'est pas , rappelle-t-il, une science exacte qu'on pourrait formaliser ; elle se découvre, non en raisonnant, mais en tâtonnant ; car elle réside dans la capacité d'adaptation et d'improvisation de l'enseignant, toujours à la disposition des demandes des élèves. C'est pourquoi chaque enseignant se crée sa propre pédagogie ".

  • Rencontre avec Jean DEZEMERY, professeur de Mathématiques au collège de Mimizan, un mois plus tard (25 octobre 2001) "L'informatique ne m'effraie pas"

Un mois plus tard, quelles sont vos impressions générales ?
Comme vous le savez, nous avons été laissés libres ; chacun doit inventer tout, et chacun croit faire bien... On verra à l'usage, il est encore tôt pour tirer des conclusions. Il y a des difficultés techniques : des imprimantes qui ne marchent pas, et surtout le Réseau ESV ; fort heureusement nous sommes dotés de très excellents aides éducateurs, qui nous ont beaucoup aidés ; et bientôt nous aurons un réseau de substitution qui fonctionnera parfaitement, au point que nous n'aurons plus besoin de l'autre. Quant aux livres, ils ne sont pas encore numérisés, de sorte que je dois intégrer les cours au coup par coup pour épargner aux enfant d'apporter leur manuel.

Et dans votre pratique du cours, quoi de neuf ?
Pour ma part, l'informatique ne m'effraie pas ; je fais tous mes cours en vidéo-projection. Sur le plan pédagogique, je découvre. J'ai passé pas mal de temps avant que les élèves sachent ouvrir le bon dossier rapidement avant de commencer le cours, mais à présent, ça se passe bien. Du reste je n'ai pas abandonné le stylo et le cahier, car la notation de fractions et des formules Mathématiques demanderait la maîtrise de logiciels complexes, et un temps bien plus grand. Nous utilisons donc les deux supports simultanément sans problème. Ce qui pose plus de difficultés, c'est que le cours sur ordinateur est figé ; alors qu'en pédagogie, comme je vous le disais la dernière fois, rien n'est figé, il faut inventer sans cesse. Là, les cours répondent moins aisément à la demande. Il y a aussi les élèves qui pensent que leur mémoire est dans l'ordinateur, et dont l'attention s'échappe ; ils me regardent moins qu'ils ne regardent leur écran ! En tous cas, je charge sur le serveur le cours complet, qui est à leur disposition.

 

FTPress pour le Conseil général des Landes - 30 octobre 2001